L'église Saint-Vivien

 

Sise sur une butte au pied de laquelle coule la fontaine voûtée qui a donné son nom à la paroisse, l’église fut construite au XIe ou XIIe siècle.

 

Dans son étude publiée en 1885, l’Abbé Eutrope Vallée, curé de Fontcouverte et secrétaire de la Commission des Arts et Monuments historiques de la Charente-Inférieure, fait de l’église de Fontcouverte la description suivante :

" Malgré sa simplicité, l’église mérite l’attention de l’archéologue. On n’y voit ni transept, ni bas-côtés. Elle forme un rectangle de 19 mètres de longueur sur 5 mètres ½ de largeur. L’abside, avec ses trois fenêtres cintrées ; la nef avec de petites fenêtres très étroites, aussi cintrées ; la voûte du sanctuaire en demi-coupole ; le portail, où jadis de chaque côté, reposait, sur des bases aujourd’hui disparues, un faisceau de colonnettes, dont les chapiteaux sans sculptures ont été conservés ; voilà autant de caractères distinctifs de l’époque que nous avons mentionnée plus haut. Signalons, comme particularité, des pattes aux socles des colonnes, tant au-dedans de la nef et du sanctuaire, qu’en dehors de l’abside. Les modillons qui ornent le chevet à l’extérieur, sont à peine ébauchés ; on y remarque l’un d’eux représentant une tête d’animal tenant entre les dents un objet semi-circulaire difficile à déterminer ; deux autres montrent une tête grimaçante d’homme, et un visage de femme grossièrement sculpté. Vers le XIIIe ou XIVe siècle, les deux travées de la nef furent voûtées ; celle qui avoisine l’entrée a sa voûte intacte ; l’autre montre à peine quelques vestiges d’arceaux ".

 

Nous savons également que l’église fut décorée de peintures. Les artistes de l’époque ornèrent les murailles et les colonnes de décors où dominaient les teintes ocreuses et jaunâtres. Nous pouvons lire, à ce propos, dans le tome VII du Recueil de la Commission des Arts et Monuments de la Charente-Inférieure, ce commentaire de l’Abbé Eutrope Vallée :

" Le jeudi 12 juin [1884], des ouvriers, en grattant les murs intérieurs de l’abside de l’église ont rencontré, sous d’épaisses couches de badigeon, des traces à peine visibles de peinture. Le sanctuaire paraît avoir été peint en entier. L’ornementation consiste en feuilles de trèfles et en losanges de couleur rouge sur fond jaune et noir.

 

Cependant sur un des côtés de la fenêtre à droite, on peut distinguer les vestiges d’une peinture murale polychrome du XIVème siècle représentant le martyr de Saint-Sébastien. Cette peinture fut mise au jour  lors des travaux de réfection de l’église en 1994; mais la tête du martyr a disparu sous le grattage.

Selon divers documents, l’église aurait également abrité un tableau de François-André Vincent. Ce peintre, élève de Vien, était membre de l’Institut et officier de la Légion d’Honneur. Lorsqu’ il décéda en 1821, il laissa plusieurs de ses oeuvres en Saintonge, notamment à Fontcouverte, à Saint Georges des Côteaux et à Saintes, en l’église Saint-Pierre, où se trouve, dans la sacristie, une " Adoration des Mages ".

La cloche portait à l’époque de l’Abbé Vallée l’inscription suivante: " J’ai été fondue en 1851 et bénite par M. Coindreau, desservant de Fontcouverte. Mon parrain a été M. Roy Pierre, âgé de 19 ans et ma marraine Marie Madelaine Léonie Bigois, âgée de 14 ans ".

 

Geoffroy III d’Archiac, qui siégea de 1288 à 1293, eut probablement une demeure sur la paroisse de Fontcouverte, comme en témoigne cet acte passé le 10 juillet 1290 et consigné dans le tome IX des Archives Historiques de la Saintonge et de l’Aunis : "Fait à Fontcouverte, dans le parloir qui est à l’entrée du palais du seigneur évêque de Saintes, ledit seigneur étant dans ses appartements. " D’après ce document, l’Abbé Vallée en conclut " que Geoffroy d’Archiac, possédait une demeure spacieuse, un palais au chef-lieu même de la paroisse de Fontcouverte ".